lundi 17 août 2026

Le Tai chi chuan, un art du lien et de l'harmonie

Le Tai chi chuan, un art du lien et de l'harmonie


L'enchaînement du Tai Chi Chuan est ce mouvement lent et harmonieux qui mime un combat au ralenti.

D'où vient donc cette beauté, cette harmonie ?
Dans son étymologie grecque, le mot « harmonie » signifie : « Jonction par engrenage, dans le langage anatomique, espèce d'articulation formée par des dentelures imperceptibles. »

 


 


Et il s'agit bien en effet, dans notre pratique, de relier ce qui est épars et de faire fonctionner les différentes parties de nous-même ensemble : c'est bien l'harmonie avec soi-même et avec les autres qui nous aide à progresser.


L'harmonie avec soi-même peut venir du lien entre le mouvement, l'attention qu'on lui porte et le souffle.


Elle vient aussi de la nécessité d'une grande précision alliée à la liberté dans le placement du corps. Cette liberté s'acquiert en posant des repères tant extérieurs (sensation de où sont mes mains, mes pieds ...) qu'intérieurs (sensation de confort, équilibre, respiration, stabilité). La beauté esthétique de la forme qui fait rêver par sa fluidité est surtout une perception d'harmonisation interne, une adaptation permanente.


L'harmonie avec les autres, avec le groupe, c'est la recherche d'un rythme commun où chacun exprime sa propre individualité. 

A l'image de l'orchestre où les divers instruments s'accordent pour produire un son unique.

En contraste avec l'agitation du monde, ces temps « pour soi » de beauté et d'harmonie nous recentrent et nous apportent apaisement et vitalité. 

Le Tai Chi Chuan, art martial, est surtout un art de la relation. 

Il suffit pour s'y engager de faire le premier pas car il est accessible à tous et à toutes.

Tai Chi, étirement des fascias et reconnaissance du monde de la santé

 

Tai Chi, étirement des fascias et reconnaissance du monde de la santé

  

 

La pratique régulière du Tai-Chi-Chuan favorise les étirements des Fascias et travaille la proprioception. Mais, en un mot, comment définir les fascias et la proprioception? Des mots techniques, voire savants, qui pour les néophytes ne veulent pas dire grand chose. Néanmoins, en comprenant les fascias et la proprioception, nous comprenons mieux les bienfaits du Tai-Chi.
Nous vous proposons une de la chaine Arte sur le sujet.




 
Le article suivant est apparu dans le journal de la fédération de mouvements indépendants des pédagogies de techniques corporelles numéro 68, janvier 2020. Pages 5-8

Tai Chi Chuan, QiGong et reconnaissance du monde de la santé


Le QiGong et le Tai Chi Chuan sont les deux exercices traditionnels chinois les plus populaires, connus sous le nom de thérapies de mouvement corps-esprit. Les recherches sur les avantages psychologiques et physiologiques du Qigong et du Tai Chi se développent.

Le tai-chi-chuan en tant qu’art martial in-terne insiste sur le développement d’une force souple et dynamique, par opposition à la force physique pure. Une des règles du tai-chi-chuan est le relâchement.
Ce relâchement garantit la fluidité des mouvements et leur coordination. Le QiGong implique un travail sur le souffle et non sur la force brute. La médecine fondée sur les preuves se définit comme « l’utilisation consciencieuse, explicite et judicieuse des meilleures données disponibles pour la prise de décisions concernant les soins à prodiguer à chaque patient ». Ces preuves proviennent d’études cliniques.

Après une revue de la littérature médicale publiée (pubmed) sur les 3 dernières années, voici « les preuves » et les résultats d’essais contrôlés des deux pratiques, recensées dans 77 articles répondant aux critères de recherche (tai chi Chuan, QiGong, Santé).

Neuf groupes homogènes de bienfaits se distinguent: amélioration des symptômes psychologiques (n = 27), diminution des chutes et facteurs de risque de perte d’équilibre (n = 23), effets cardiopulmonaires bénéfiques (n = 19), meilleure qualité de vie (n = 17 ), meilleure santé physique (n = 16), résultats positifs rapportés par le patient (n = 13), auto-efficacité (n = 8), renforcement de l’immunité (n = 6) et augmentation de densité osseuse (n = 4).

Reprenons en détails quelques-unes des données intéressantes.
Le qigong semble être bénéfique pour réduire la gravité des symptômes dépressifs. Le tai-chi et le qigong en tant qu’exercices du corps de l’esprit les plus pratiqués, ont montré des effets positifs sur la santé mentale. La réduction du stress peut être attribuée à un équilibre sympathique / vagal modulé par des exercices du corps et de l’esprit.

Le tai-chi / Qigong pourrait être une méthode alternative de réduction du stress pour les personnes qui vivent avec un stress élevé ou des émotions négatives.De plus, le déclin cognitif lié à l’âge est un problème de santé publique croissant dans le monde entier. Plus du quart des adultes ayant une déficience cognitive souffrent de troubles du sommeil.
Le Tai Chi peut être considéré comme une approche non pharmacologique utile pour améliorer la qualité du sommeil chez les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs.
L’âge élevé est aussi associé à divers troubles physiques et mentaux. Les modifications de la sécrétion de stéroïdes liées à l’âge pourraient être un mécanisme sous-jacent à la fragilité, à la dépression. Cependant, il a été prouvé que le Tai chi qigong et des formes d’exercices similaires améliorent un grand nombre de paramètres liés à la santé chez les personnes âgées.
Dans la maladie de Parkinson, il est évalué et quantifié les effets du Tai Chi / Qigong sur la fonction motrice ( équilibre, chutes, marche chronométrée et marche de 6 minutes) et non motrice (dépression et cognition), et qualité de vie. Les données disponibles à ce jour confirment un avantage potentiel de Tai Chi pour l’amélioration de la motricité, de la dépression et de la qualité de vie des personnes atteintes de la parkinson.

La fréquence cardiaque au repos augmentée est liée à la mortalité. L'exercice régulier provoque une réduction de la fréquence cardiaque de repos. On peut conclure que l’exercice, en particulier l’entraînement en endurance, par réduction de la fréquence cardiaque, peut contribuer à une réduction de la mortalité toutes causes confondues due à la pratique régulière d’exercices physiques ou sportifs.
Une autre étude a eu pour but de dé-terminer les effets des exercices traditionnels chinois tels que le Tai Chi et le qigong sur les patients atteints de maladie pulmonaire obstructive chronique (BPCO). En conclusion, la pratique montrait des effets bénéfiques sur les performances physiques, la fonction pulmonaire, la rémission de la dyspnée (essoufflement) et la qualité de vie des patients atteints de BPCO.

Conclusion: la pratique améliore la modulation autonome, le métabolisme corporel, la forme physique et la force physique après 10 semaines de pratique.

Dans une autre étude, il est étudié les effets sur la modulation du système nerveux autonome, le métabolisme, l’immunité et la fonction physique chez des pratiquants en bonne santé.Le tai-chi a amélioré la modulation parasympathique et permis une diminution de la fréquence cardiaque. Les profils métaboliques, notamment la glycémie, le cholestérol et l’Index de Masse Corporelle, se sont améliorés de manière significative après l’exercice. L’exercice a renforcé l’immunité innée et adaptative. Tous les paramètres surveillés, y compris la forme physique et la force physique, se sont améliorés après l’exercice.
La plupart des patients atteints de cancer souffrent à la fois de la maladie elle-même et des symptômes induits par un traitement conventionnel. La littérature disponible sur les effets cliniques sur l’acupuncture, le Tuina, le Tai Chi, le Qigong et la musicothérapie ; donne les résultats suivants : ils représentent des traitements d’appoint bénéfiques.

En bref, le Tai Chi peut aider à contrôler le stress, renforcer la force et l’endurance, réduire les risques de chute ou de blessures et améliorer le système immunitaire. Les personnes les plus à même de tirer bénéfice du Tai Chi sont les personnes aux capacités physiques diminuées, notamment les personnes âgées qui ne sont pas/plus capables de faire des exercices intenses. De plus en plus de praticiens admettent que le Tai Chi peut aider à retrouver la flexibilité et la force tout en aidant les pratiquants à rester calmes dans les moments de stress.
Alors, bon Tai Chi
Eric, Vichy 03.

Le poumon et la circulation de l'énergie

 

 Le poumon et la circulation de l'énergie

 

Si l'on veut accueillir le souffle au mieux, il faut lui offrir de l'espace.

Les poumons localisés dans la cage thoracique assurent réellement leur fonction si les parois de leur « nid » demeurent souples et mobiles. Une ouverture multidirectionnelle des côtes doit être possible, entretenue grâce à la souplesse des muscles intercostaux, des muscles du dos et des épaules, sans parler de la souplesse du diaphragme.

Une déficience des poumons modifie l'attitude corporelle : les épaules s'enroulent vers l'intérieur, la région de l'estomac se creuse, la tête penche vers l'avant, ou bien, chez les asthmatiques par exemple, l'effort continue qu'ils accomplissent pour inspirer rigidifie la cage en expansion et crée de fortes tensions dans les épaules et et la nuque.

Pour favoriser le passage de l'air, il faut en premier lieu redresser le corps, le rendre tendre, puis chercher à équilibrer les temps de l'inspir et de l'expir. Le rythme respiratoire, lent et régulier, module la circulation énergétique dans les méridiens, apaise et régule le rythme cardiaque et harmonise la circulation sanguine.

Le poumon étant considéré comme « maître des souffles », maître de la circulation de l'énergie dans tout le corps, nous pouvons comprendre combien l'acte respiratoire est capital pour la santé.

La cage thoracique peut être dure et rigide lorsque nous n'avons pas conscience des mouvements respiratoires ou lorsque les émotions y restent contenues. Une « mauvaise » attitude physique entrave également la respiration en voiture par exemple. La position des bras et un siège mal adapté favorisent la fermeture de la cage et le blocage du diaphragme.

L'importance du diaphragme

Le diaphragme, cette cloison souple qui sépare le thorax et l'abdomen, joue un rôle très important dans l'entretien des fonctions respiratoires et digestives . Une respiration correcte lui assure toute sa mobilité, il se présente en dôme à la fin de l'expir et en cuvette à la fin de l'inspir. Le mouvement de vague de chaque respiration procure un massage efficace du foie, de l'estomac et de la rate, de la base des poumons et du muscle cardiaque. Chez bon nombre d'individus, la respiration restant automatique et inconsciente, le diaphragme demeure pratiquement immobile et se rigidifie. La respiration se limitant à un va-et-vient dans la partie haute des poumons. La région de l'épigastre, du plexus solaire se tend et se durcit, et la relation naturelle entre le haut du corps et le bas n'est plus entretenue.

La pratique du Tai Chi Chuan et de la gymnastique énergétique apporte l'équilibre physique et mental, voire une ouverture vers d'autres plans de conscience.

Le chemin n'est pas ailleurs que sous nos pieds, à chaque instant de la vie quotidienne.

(Inspiré de : « Les cinq saisons de l'énergie » de Isabelle Laading)

mercredi 12 août 2026

Accueil

Bienvenue à l'ATCCC

Découvrez la voie de la sérénité et du mouvement continu

L'Association de Tai Chi Chuan de Canéjan vous accueille toute l'année pour la pratique du style Yang originel (108 mouvements), du Tui Shou et de la gymnastique chinoise.

Le Tai Chi c'est...

 

 

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Qu'est-ce que le Taï Chi Chuan ?

Qu'est-ce que le Taï Chi Chuan ? 

C'est un art pratiqué en Chine. Il est né de la fusion de techniques de défense, de pratiques « gymniques et énergétiques » et des recherches des moines taoïstes sur la méditation et le souffle.

Il est dit interne quand il privilégie les équilibres de la personne sur le résultat extérieur, quand il choisit de favoriser la qualité du souffle sur la quantité d'action musculaire, quand il aide à la dynamique de chacun plutôt que de choisir le conflit avec l'autre.

Son évolution dans le temps lui a permis de devenir de plus en plus précis et codifié donnant des styles de pratique très différents.

Ses multiples vertus sont maintenant reconnues et lui donnent les moyens de devenir un outil d'enseignement particulièrement riche et agréable.

 

Le Taï Chi Chuan est un art martial interne d'origine chinoise, composé de mouvements lents, fluides et continus mimant un combat au ralentit. Élaboré depuis des siècles, il privilégie la souplesse sur la force brute.

 

 

Un art martial, c'est quoi ?

Les chinois disent « Wushu ». Traduire par Art martial ou Art du combat, trahit l'esprit de l'idéogramme qui se décompose en deux caractères : « arrêter » et « la lance »

Wushu est donc l'art d'arrêter la lance de l'adversaire et surtout sa propre lance (ou violence)

Et un Art interne ?

Selon la tradition, le véritable guerrier désarme ses ennemis par la puissance de la Main vide, c'est-à-dire de toute intention agressive. Rien ne lui résiste car elle n'offre aucune résistance. Ne pas faire obstacle au mouvement de la vie, c'est la force secrète qui rend le guerrier invincible.

Aujourd'hui, le Tai chi permet de développer les qualités du guerrier à la « main vide » dans la vie de tous les jours : présence, attention aux autres et à soi, souplesse, adaptation constante aux événements et à la fluidité de la vie.

De l'art de la guerre à l'art de la paix

Si on étudie les applications martiales de la forme, c'est pour apprendre à placer correctement le corps, le souffle, dans une relation ludique qui nous aide à trouver nos limites. C'est préparer l'art de la paix en prenant le temps d'apaiser notre rythme et nos tensions, tout en douceur, pour retrouver le plaisir du mouvement.

 

Pour aller plus loin : Consulter notre article sur les Bienfaits du Tai-chi 

vendredi 19 juin 2026

Tai chi chuan : la force tranquille

 Tai chi chuan : la force tranquille

 
Dans les Arts Martiaux on distingue souvent la force issue des muscles et celle issue du souffle et de la structure. 

Dans la pratique du Tai chi, il y a bien sûr une activité musculaire mais on l'utilise sans importante dépense d'énergie. 

Dans ces mouvements lents, continus, circulaires, le muscle a un comportement élastique passif. A condition que tout soit en place : alignements osseux et plénitude de la posture.



Le mouvement se propage de fibrille en fibrille le long de nos chaînes musculaires qui, conduites pas les fascias, nous unissent de bout en bout. 

En accord avec les méridiens d'acupuncture, ces chaînes nous aident à laisser faire les équilibres naturels. Forcer dans une direction serait alors inefficace. Nous avons juste à les accompagner par une attitude d'écoute et de ressenti.


Ces chaînes passent toutes par le « centre » , le Tan Tien pour les Chinois. C'est le centre de gravité de notre corps, la zone comprise entre la troisième lombaire et le nombril et passant par l'axe vertical.


Plus le mouvement part réellement de ce centre, plus il est complet et équilibré, plus il est coordonné et puissant. 

Dans notre pratique, la puissance n'est pas liée à la force musculaire mais à la perception de ce centre et d'un mouvement qui se propage comme une onde, en harmonie avec le souffle. 

C'est ce qui le rend tranquille et libre.


Au plaisir de vous retrouver pour un cours d’essai

dimanche 17 mai 2026

Tai Chi Chuan : permanence et impermanence

Tai Chi Chuan : permanence et impermanence


La pratique du Tai Chi Chuan illustre bien le symbolisme du Tao, cette représentation du yinyang faite d'une partie claire et d'une partie sombre qui nous montre que deux aspects opposés à première vue forment en réalité une unité dynamique et harmonieuse, dans un mouvement constant.

 


On pourrait dire qu'il y a dans le Tai chi, à la fois, ce qui ne change pas, une permanence et ce qui change tout le temps, une impermanence. Comme une immobilité dans le mouvement.


Ce qui est « permanent » c'est notre centre.

Ressentir son dos, percevoir les appuis des pieds sur le sol, respirer de manière ample, trouver sa verticale, nous aide à trouver et à ressentir notre centre. Il est ce lieu de sécurité intérieure où la chaleur circule. Le Hara pour les Japonais, le Tan tien pour les chinois et le centre vital pour tous les êtres humains. De même, tandis que nous déroulons l'enchaînement, l'axe central de notre mouvement, notre colonne vertébrale, se déplace très peu dans l'espace.
Cette perception du centre lié à la conscience de la respiration conduit vers un état de tranquillité et de simplicité. Elle ramène au monde réel et au moment présent.

 

Ce qui est impermanent, ce sont toutes les transformations liées au mouvement.

Ressentir la fluidité, la détente, la coordination des gestes dans les jeux articulaires et musculaires permet de vivre les flux de transformation de notre énergie vitale.
Stabilité, liberté et respiration, le Tai chi chuan cette alliance des deux, centre et mouvement, reliés par la respiration, nous remet en accord avec les lois de la vie et avec une réalité qui nous dépasse infiniment.


Cette vision chinoise d'union des opposés et de l'interrelation est à la fois très concrète, ancrée dans le corps, et très poétique. Images de la nature et des saisons, symboles comme le Tao. Elle a aussi une portée universelle.


Le Tai Chi, ce mouvement qui régénère permet de s'ouvrir à une tranquillité intérieure face à l'impermanence de l'existence.


jeudi 17 avril 2025

"Pensées percutantes"


"Pensées percutantes"

Quelques extraits de « Pensées percutantes » de Bruce Lee aux éditions Budo qui pourraient vous inspirer :

 

 
 
 
« Vous avez le choix, vous êtes maître de votre destin.  
Faites le choix d’être positif, constructif. 
L’optimisme s’apparente à la foi conduisant au succès »


« C'est à chacun de chercher son propre accomplissement.
Il n'éxiste pas de maître ayant le pouvoir de le lui conférer. »
 

 

« Soyez vigilant, questionnez et trouvez. 

Ce qu’il faut se rappeler par dessus tout c’est la vigilance, le questionnement, la découverte. 

C’est en opérant ainsi que vous verrez vos initiatives valorisées »

 

« Écouter, comprendre et s’ouvrir ne forment qu’une seule et même chose » ….

 

Ces portes ouvertes peuvent nous inspirer pour prendre soin à la fois de notre corps, 

et de notre esprit, et pour rebondir sur un problème, un obstacle ou l’adversité 

en s’en servant comme un tremplin.


lundi 25 novembre 2024

Un peu d'histoire : Les origines et les 10 principes du Taichi

Un peu d'histoire : Les origines et les 10 principes du Taichi

Notre style, le style Yang, est composé de cercles gracieux et doux.

Comportant traditionnellement 108 mouvements, nombre symbolique qui signifie la totalité des positions des étoiles dans le ciel, les mouvements se succèdent dans un ordre particulier appelé « La Forme ».

 

 


Cette discipline possède une histoire, et a subi de multiples évolutions au cours des deux derniers siècles.

« Traditionnellement on distingue deux courants de l'art martial en Chine : Le courant exotérique, dont on dit qu'il prit naissance au temple Shào-lin situé dans la province de Hè-nan ; il est associé généralement au personnage de Bodhiddharma qui y aurait séjourné vers le début du VI siècle.

Le second courant, appelé ésotérique, est relié au mont Wu-dàng situé dans la province de Hù-bèi qui était une lieu renommé du Taoïsme. Ce lieu est associé généralement au personnage de Zhang San-feng qui y séjourna et qui vécut entre le début du XIIe siècle et la fin du XIIe siècle. On lui attribue la fondation du Tài-ji quàn  […]

La légende dit qu'un jour Zhang San-féng a observé un combat entre un serpent et un oiseau : « ...L'oiseau faisait des mouvements saccadés et dispersés . Le serpent se mouvait en souplesse et en cercles. Le serpent gagna. Zhang San-féng comprit alors que la souplesse et l'attention gagnent sur la raideur et la dispersion
» ... (Tài-Ji Quàn Jean GORTAIS p 14)

 

 

Les dix principes du Taï Chi Chuan :

  1.  Être vide, agile et maintenir l’énergie au sommet de la tête : la tête doit être droite afin que l’énergie et le sang puissent circuler. 

  2.  Rentrer la poitrine et étirer le dos, afin de permettre une respiration profonde.  

  3. Relâcher la taille pour que les pieds reposent fortement sur le sol (sensation d’enracinement) et que le bassin ait une bonne assise.  

  4.  Distinguer le plein du vide : si le corps est appuyé sur la jambe droite, on dit que celle-ci est pleine tandis que la gauche est vide. Cette conscience confère au corps plus de stabilité.

  5. Baisser les épaules et laisser tomber les coudes, pour acquérir un souffle plus abdominal que thoracique.

  6. Employer la force de la pensée et non celle des muscles. L’énergie émane de la bonne circulation du sang. Plus le corps est détendu, plus l’énergie circule, plus le sujet est puissant.  

  7. Relier le haut et le bas : des pieds à la tête, il faut une unité parfaite. Si une seule partie du corps ne se meut pas avec le reste, il y a désordre et dislocation. 

  8. Unir l’intérieur et l’extérieur : en Taï Chi Chuan, la pensée et le corps sont en harmonie.  

  9. Lier les gestes sans interruption : le mouvement doit se dérouler à l’infini.  

  10. Rechercher le calme au sein du mouvement. L’oxygénation sera meilleure.

 

mercredi 20 janvier 2021

Le tai-chi au patrimoine mondial, "immense fierté" pour les Chinois

 

Le tai-chi au patrimoine mondial, "immense fierté" pour les Chinois

 Source TV5monde, AFP Sport
 

Le professeur de tai-chi agrippe délicatement son élève... avant de l'expédier brusquement au sol. Avec le sourire: comme eux, les Chinois se disent "fiers" de l'inscription de cet art martial au patrimoine mondial.

"Que notre culture puisse contribuer à rendre des gens du monde entier en meilleure forme, c'est très gratifiant", déclare à l'AFP Wang Zhanjun, 47 ans, dans sa salle d'entraînement située aux abords de la place Tian'anmen de Pékin.

"Je suis super content", souligne avec ses quatre élèves cet imposant gaillard au crâne rasé, figure multi-médaillée du tai-chi, qui a enseigné ses techniques à l'acteur Jet Li, star des films d'action.

Le tai-chi, sous son appellation chinoise "taijiquan" (prononcer taï-dzi-tsuane), a été inscrit mi-décembre par l'Unesco sur sa liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

C'est une nouvelle étape pour la reconnaissance internationale de la civilisation chinoise, après la calligraphie (2009), l'opéra de Pékin (2010) ou encore l'acupuncture (2010).

Art martial vieux de plusieurs siècles, le tai-chi était à l'origine pensé pour le champ de bataille. Il est désormais principalement perçu comme une forme d'exercice physique ou de gymnastique douce.

Il est pratiqué par d'innombrables personnes de tous âges en Chine, notamment dans les rues ou les parcs, où on peut les voir enchaîner mouvements lents et rapides pour entretenir le corps et l'esprit.

- "Plus beaux" -

"Je suis de petite taille", explique à l'AFP Wang Xuewu, un professeur de tai-chi de 63 ans, qui enseigne dans les allées pavées du verdoyant parc Ritan ("Temple du soleil") dans le quartier diplomatique de Pékin.

"Pour éviter de me faire malmener par les plus grands que moi, j'ai donc appris très tôt la lutte, le tai-chi et les arts martiaux comme moyen d'auto-défense."

"Moi, ça m'a débarrassé de mon asthme", déclare un peu plus loin Lan Guizhen, une pratiquante de 75 ans qui se félicite de la décision de l'Unesco.

"Que le tai-chi soit connu et reconnu par le reste du monde, c'est une immense fierté!"

Le tai-chi consiste en la réalisation de séries de mouvements en solo ou de gestes de combat contre un adversaire. Il est réputé améliorer la posture, fortifier le corps ou renforcer la flexibilité des articulations.

Autre avantage et non des moindres: le tai-chi "rend ses pratiquants plus beaux et ses pratiquantes plus belles", assure en souriant Wang Zhanjun.

Un bénéfice selon lui dû à la pratique sportive mais aussi au fait de pouvoir mieux gérer sa respiration et ainsi d'augmenter la teneur du sang en oxygène.

Le tai-chi a souffert durant la Révolution culturelle (1966-1976), où les maîtres étaient persécutés car accusés de propager un art "féodal".

Une fois passée cette période d'hystérie maoïste, il a fallu ressusciter la discipline en lançant un grand recommencement des pratiques, puis reformer professeurs et pratiquants.

- Anti-Covid? -

"Dans les années 1980-1990, mon père, un maître de la discipline, s'est rendu au Japon, en Europe et notamment en France pour populariser le tai-chi", explique Wang Zhanjun.

"Le travail de la génération précédente porte aujourd'hui ses fruits, puisque beaucoup d'étrangers font désormais le chemin inverse et viennent (en Chine) pour apprendre."

Le tai-chi n'est pas une discipline uniforme. Il compte plusieurs "écoles", souvent identifiées par le nom d'un clan et dont les pratiques diffèrent.

En Occident, c'est le style "Yang", avec ses gestes circulaires et lents qui est généralement le plus populaire. Celui de l'école "Chen", que pratique Wang Zhanjun, comprend des mouvements plus vifs, davantage marqués par l'ADN combattant du tai-chi.

A cela peut s'ajouter l'utilisation d'armes: épées, bâtons ou encore poignards.

De nombreuses compétitions de tai-chi sont organisées. Mais il n'est pour l'heure, en raison peut-être de la difficulté d'unifier ses différents styles, pas reconnu comme discipline olympique.

En attendant, il pourrait se montrer utile... contre le Covid-19, assure Wang Zhanjun.

"La pratique du tai-chi permet de renforcer notre constitution physique, notre immunité et notre capacité cardio-pulmonaire", souligne-t-il.

"C'est évidemment bénéfique contre les maladies et le Covid".


Par Ludovic EHRET AFP © 2021 AFP