vendredi 19 juin 2026

Tai chi chuan : la force tranquille

 Tai chi chuan : la force tranquille

 
Dans les Arts Martiaux on distingue souvent la force issue des muscles et celle issue du souffle et de la structure. 

Dans la pratique du Tai chi, il y a bien sûr une activité musculaire mais on l'utilise sans importante dépense d'énergie. 

Dans ces mouvements lents, continus, circulaires, le muscle a un comportement élastique passif. A condition que tout soit en place : alignements osseux et plénitude de la posture.



Le mouvement se propage de fibrille en fibrille le long de nos chaînes musculaires qui, conduites pas les fascias, nous unissent de bout en bout. 

En accord avec les méridiens d'acupuncture, ces chaînes nous aident à laisser faire les équilibres naturels. Forcer dans une direction serait alors inefficace. Nous avons juste à les accompagner par une attitude d'écoute et de ressenti.


Ces chaînes passent toutes par le « centre » , le Tan Tien pour les Chinois. C'est le centre de gravité de notre corps, la zone comprise entre la troisième lombaire et le nombril et passant par l'axe vertical.


Plus le mouvement part réellement de ce centre, plus il est complet et équilibré, plus il est coordonné et puissant. 

Dans notre pratique, la puissance n'est pas liée à la force musculaire mais à la perception de ce centre et d'un mouvement qui se propage comme une onde, en harmonie avec le souffle. 

C'est ce qui le rend tranquille et libre.


Au plaisir de vous retrouver pour un cours d’essai

dimanche 17 mai 2026

Tai Chi Chuan : permanence et impermanence

Tai Chi Chuan : permanence et impermanence


La pratique du Tai Chi Chuan illustre bien le symbolisme du Tao, cette représentation du yinyang faite d'une partie claire et d'une partie sombre qui nous montre que deux aspects opposés à première vue forment en réalité une unité dynamique et harmonieuse, dans un mouvement constant.

 


On pourrait dire qu'il y a dans le Tai chi, à la fois, ce qui ne change pas, une permanence et ce qui change tout le temps, une impermanence. Comme une immobilité dans le mouvement.


Ce qui est « permanent » c'est notre centre.

Ressentir son dos, percevoir les appuis des pieds sur le sol, respirer de manière ample, trouver sa verticale, nous aide à trouver et à ressentir notre centre. Il est ce lieu de sécurité intérieure où la chaleur circule. Le Hara pour les Japonais, le Tan tien pour les chinois et le centre vital pour tous les êtres humains. De même, tandis que nous déroulons l'enchaînement, l'axe central de notre mouvement, notre colonne vertébrale, se déplace très peu dans l'espace.
Cette perception du centre lié à la conscience de la respiration conduit vers un état de tranquillité et de simplicité. Elle ramène au monde réel et au moment présent.

 

Ce qui est impermanent, ce sont toutes les transformations liées au mouvement.

Ressentir la fluidité, la détente, la coordination des gestes dans les jeux articulaires et musculaires permet de vivre les flux de transformation de notre énergie vitale.
Stabilité, liberté et respiration, le Tai chi chuan cette alliance des deux, centre et mouvement, reliés par la respiration, nous remet en accord avec les lois de la vie et avec une réalité qui nous dépasse infiniment.


Cette vision chinoise d'union des opposés et de l'interrelation est à la fois très concrète, ancrée dans le corps, et très poétique. Images de la nature et des saisons, symboles comme le Tao. Elle a aussi une portée universelle.


Le Tai Chi, ce mouvement qui régénère permet de s'ouvrir à une tranquillité intérieure face à l'impermanence de l'existence.